ACCUEIL > Sortir > Cinéma > L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford

L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford

Le dimanche 28 octobre 2007 à 12:54

Vous aimez cet article ? Partagez...

Vous avez lu l’histoire de Jesse James ? Comment il vécut, comment il est mort...

L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. Affiche du film.
L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. Affiche du film.

Alors voilà Jesse James fut un célèbre bandit américain de la seconde moitié du XIXème siècle. Avec son frère Frank, ils vont dévaliser un bon nombre de diligences, de trains et de banques et devenir très vite des légendes dans les journaux de l’époque. C’est l’un des membres de son gang, Robert Ford, qui par désir de célébrité et pour toucher la récompense, assassine Jesse James en 1882.

Le film retrace le destin de Robert Ford (Casey Affleck) à partir de sa rencontre avec le gang James. Il parle de sa fascination quasi-fanatique pour le personnage de Jesse James (Brad Pitt), son désir de lui ressembler…

Robert Ford (Casey Affleck)
Robert Ford (Casey Affleck)

Avant tout, j’ai été bluffé par les images, la photographie du film (signée Roger Deakins). Chaque plan est superbe. Une jolie trouvaille visuelle entre autres consiste à jouer avec la transparence déformante des fenêtres épaisses et irrégulières, le verre dépoli donnant à l’image un caractère singulier. Telle est la légende de Jesse James par rapport à la réalité de son existence. Le film s’amuse de cette légende en montrant les exagérations, la romantisation de la vie de James et de sa bande pour vendre des romans de gare et faire rêvasser les jeunes bourgeois assoiffés d’aventures.

Pitt est génial dans son interprétation toute en nuance et en ironie. On ne sait jamais sur quel pied il danse tellement le personnage est ambivalent et inquiétant. Tout le film est sur le fil, tendu. La nature américaine théâtrale frémit et gronde ; ses vents puissants font danser les nuages lourds et les champs de blé comme un pressentiment. Dans plusieurs séquences, l’immensité du paysage dévore les personnages comme pour signifier la vanité de leur existence.

Les dialogues sont très bons et les personnages entiers et réalistes jusque dans leurs défauts, leurs colères, leurs joies, leurs lâchetés. Le film n’est pas manichéen, ce qui est bienvenue dans un western.

Le film est assez long (2h40) mais comme il est bien construit, je n’ai pas vu le temps passer. À signaler, la présence de Sam Rockwell (Bienvenue à Collinwood, Confessions d’un homme dangereux…) dans le rôle du frère de Bob Ford et l’apparition du grand Nick Cave en troubadour folk.

Voir aussi :