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Le son de 2012

Le vendredi 28 novembre 2014 à 19:47

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Les C2C sont quatre DJ français originaires de Nantes. Champions du monde par équipe quatre fois consécutives (de 2003 à 2006) aux prestigieux Championnats DMC, ces as de la platine ont gagné une reconnaissance mondiale. S’ils ont débuté leur carrière avec les vinyles à l’ancienne, il travaillent aujourd’hui avec des vinyles timecodés. Ce type de disque ne joue pas réellement de musique mais il contrôle des échantillons de musique, ce qui permet d’enchaîner très facilement les différents samples tout en laissant la possibilité d’avoir une technique de scratch comparable. Le DJ 20syl et Greem font également partie du groupe de jazz rap Hocus Pocus dont 20syl est le MC. Leur album TETR4 contient de belles collaborations avec des artistes comme le rappeur américain Pigeon John ou le chanteur suédois Jay-Jay Johanson.

Emily Loizeau fait partie des meilleures chanteuses françaises des années 2000. Que ce soit dans l’écriture des paroles ou de la musique, la belle rousse a un talent rare. En 2006, son premier album L’autre bout du monde séduit par son intelligence, la beauté des arrangements musicaux et l’humour subtil de certaines de ses chansons. L’année suivante, elle rencontre la fine équipe de Mathias Malzieu (du groupe Dyonisos) pour son album-concept La Mécanique du Cœur et la bande d’hurluberlus moustachus des Blaireaux. En 2009, pour son album Pays Sauvage, elle collabore avec le chanteur réunionnais Danyèl Waro, le chanteur David du duo Herman Düne, le groupe Moriarty et invite dans ses choeurs Thomas Fersen, Olivia Ruiz et Jeanne Cherhal, bref la crème de la scène chanson française. En 2012, pour son album Mothers & Tygers, elle chante la tragédie du bombardement syrien de la ville de Homs dans la magnifique chanson Le Chagrin des Oiseaux.

Tame Impala est un groupe de rock psychédélique bien créatif. Au fil de leur album Lonerism, ces quatre musiciens australiens au nom d’antilope africaine nous invitent pour un voyage imaginaire à grand renfort de grosses guitares, de synthétiseurs type 70s et d’effets stéréos bien psyché (echo, phaser, LFO…).

On continue dans les allumés de la musique direction l’Amérique du Sud. C’est sous le nom de Meridian Brothers que sévit le génie bidouilleur colombien Eblis Álvarez. Il passe les rythmes latinos (cumbia, salsa…) au filtre d’effets électroniques bien bizarres qui lui permettent entre autres de créer un Guaracha U.F.O., musique pour faire danser les extraterrestres. C’est étrange, c’est brillant j’applaudis des dix mains.

2012 est aussi la découverte de deux joyeux compères qui se revendiquent les Rois de la Glande : les Zoufris Maracas. En Algérie dans les années 1950, à force de s’entendre appeler « les ouvriers » par les colons français, les travailleurs qui ne parlaient pas bien la langue se sont baptisés les Zoufris. Les Zoufris Maracas ont un regard amusé et ironique sur la société française. Ils ont grandi à Sète, la patrie de Brassens et sont de belles graines d’anar. La première fois que je les ai vu, c’était dans le métro parisien vers 2011. Ils chantaient des chansons contre le nucléaire et la chasse aux sans-papiers avec des paroles bien marrantes, une belle tranche de rire dans nos trajets métro-boulot-dodo. Début 2012, ils enregistrent un album avec des orchestrations riches et colorées, clins d’œil musicaux à Brassens ou Django sur certaines chansons, sur d’autres invitations au voyage avec une prédilection pour la musique antillaise et brésilienne.

 

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