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Le son de 2009

Le samedi 18 octobre 2014 à 12:37

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2009, grande année pour le rock indépendant. Pour soutenir la lutte contre le SIDA, Aaron et Bryce Dessner du groupe de rock The National réunissent autour d’eux les meilleurs talents de la scène indie rock américaine sur la compilation Dark Was The Night. Les bénéfices de la vente du disque permettront de reverser plus de 600 000 dollars à l’association Red Hot Organization. La compilation permet de réunir de jolis duos éphémères et de revisiter des standards américains d’une manière originale grâce à la virtuosité des participants : José González, Feist, Iron & Wine, Sufjan Stevens, Arcade Fire, The National, Sharon Jones, Cat Power, Gillian Welch, Blonde Redhead, Antony Hegarty…

Pendant ce temps en Angleterre, Mumford & Sons se fait un nom. Ce jeune groupe indie folk de Londres joue une musique traditionnelle et festive, guitare, banjo, contrebasse et clavier. La percussion est réduite à sa plus simple expression, le chanteur marquant le tempo du pied en actionnant avec une pédale une simple grosse caisse et un tambourin. En écumant les pubs et les festivals d’Europe, ils parviennent au fur et à mesure à séduire un public toujours plus important. Leur album Sign No More (titre tiré d’un vers de Shakespeare) est un véritable succès, il se vend à plus de 3 millions de copies à travers le monde.

Piers Faccini est un chanteur anglais de père italien qui a grandi en France. En découvrant son timbre de voix, on pense aussitôt à Nick Drake qui avait le même talent pour fabriquer des ballades intemporelles chantées d’une voix calme. Piers Faccini est un véritable artiste, auteur-compositeur-interprète, il est aussi passionné par la peinture et la photographie. S’intéressant aux musiques du monde entier, il n’hésite pas à reprendre des chansons napolitaines anciennes ou explorer la musique traditionnelle africaine à l’instar de son ami le grand violoncelliste Vincent Ségal. Ce dernier est célèbre pour avoir accompagné le chanteur Matthieu Chedid avant de créer un duo magnifique avec le joueur de kora Ballaké Sissoko. J’ai eu la chance de voir en concert Piers Faccini en duo avec Vincent Ségal aux Bouffes du Nord à Paris. J’en garde un souvenir marquant, la voix du chanteur dialoguant avec le violoncelle et résonnant dans les boiseries anciennes de la salle…

Revolver est un trio parisien qui chante en anglais une pop folk colorée et intimiste. Avec leurs goûts pour les mélodies et l’harmonie, le jeune groupe rappelle les Beatles, les Turtles ou Simon & Garfunkel. Mais ils ne se contentent pas d’imiter leurs aînés comme beaucoup de jeunes groupes. Ils composent des chansons originales dont la splendide Birds in Dm, ballade folk rock portée par des voix aériennes et marquée par la corde pincée d’un violon qui marque le temps, impassiblement, comme l’aiguille d’une horloge.

Art Brut est un groupe de rock britannique. En 2009, ils sortent l’album Art Brut vs. Satan produit par Frank Black, le chanteur des Pixies. Ambiance punk, humour moqueur et accent cockney, l’album est enregistré à la punk en deux semaines, la plupart du temps en une seule prise pour conserver la spontanéité. La chanson Alcoholics Unanimous est une bonne tranche de poilade où le chanteur après une gueule de bois monumentale hurle « Bring me tea! (That looks like it really hurts) Bring me coffee! (Should have taken the day off work) ».

Au départ, The Anomalies est un groupe de jeunes anglais qui s’amusent à faire du hip hop en cravate. Aucune street credibility, juste le plaisir de rapper. Ils se font connaître en racontant les films PredatorRobocop ou Alien en version rap et créent des montages vidéos diffusés sur Youtube. L’histoire aurait pu s’arrêter là, ils auraient continué leurs montages de geeks pour finalement disparaitre dans les méandres du web. Mais les garçons avaient de la créativité à revendre. Ils sortent en 2009, l’album Free Soup Social, un mélange entre rock et hip hop, un territoire peu exploré quelque part entre Supergrass, Fatboy Slim et les Beastie Boys. L’album est un vrai bazar de DJ bidouilleurs qui fourmille de sons électroniques bizarres et de samples originaux.

Ramona Falls est un groupe de rock indie américain de l’Oregon. Le chanteur Brent Knopf a réuni autour de lui une trentaine d’amis musiciens pour enregistrer l’album Intuit. La pochette est l’œuvre de l’illustrateur américain Theo Ellsworth. J’ai eu un véritable coup de cœur pour le titre Salt Sack qui ressemble à une odyssée en apesanteur qui peu à peu trouve un souffle épique avec l’arrivée des cuivres. L’ensemble me fait penser à un mélange entre les Pink Floyd années 1960 et les expérimentations sonores des Sonic Youth.

Nous terminons ce tour d’horizon des musiques de l’année par Mayer Hawthorne, crooner soul californien. Derrière ses lunettes à grosses montures, il fait penser de prime abord à un avatar de Buddy Holly. Mais ce chanteur gringalet au teint pâle a une passion pour la soul et son timbre aigü rappelle parfois celui de Marvin Gaye. Sa musique est un clin d’œil aux grandes heures des labels Motown et Stax. Même si l’artiste n’a pas autant de groove que ses aînés, la chanson Maybe So, Maybe No (reprise d’un morceau de 1969 des New Holidays) est un vrai plaisir pour les oreilles.

 

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