ACCUEIL > Écouter > Musique > Le son de 2003

Le son de 2003

Le samedi 30 août 2014 à 10:49

Vous aimez cet article ? Partagez...

Paaam pam paam paam paam paaaam paaaam ! Voici les White Stripes menés par le génial Jack White qui transforme en un coup de pédale sa guitare acoustique en basse électrique pour défier crânement le monde entier. Une armée de sept nations ne pourrait le faire flancher, c’est ce que j’appelle être remonté à bloc ! L’album Elephant, pur rock de garage, au son sale, brut et bluesy, provoque un petit séïsme dans le monde du rock. Il fait partie des rares disques que j’ai acheté en 2003 et écouté jusqu’à l’usure. Disque culte.

R-wan et ses acolytes (ses alcooliques) de Java gagnent la palme de la chanson la plus fendarde de 2003. Après avoir scandé leur devise « sexe, accordéon et alcool » et créer un improbable rap-musette, les voilà de retour en dragueurs des boulangeries. Un régal pour les oreilles. « Et avec ceci ? »

«  Hail to the chief ! » (Vive le chef !) est une marche musicale célèbre associée au président des Etats-Unis. Au lendemain de l’élection présidentielle américaine de 2000, la victoire de George W. Bush est contestée par de nombreux démocrates qui s’exclament « Hail to the thief ! » (Vive le voleur !). Le groupe Radiohead cherchaient le titre de leur nouvel album, l’expression a fait clic dans la tête de Thom Yorke, le titre était trouvé. La guerre contre le terrorisme, expression employée par Bush Jr. et les néo-cons(ervateurs), prétexte de la guerre en Irak est au centre de la cible du groupe d’Oxford. Le titre 2+2=5, concentré d’énergie rock, fait référence à 1984, le livre culte de George Orwell où l’absurdité du pouvoir totalitaire pousse le peuple à pratiquer la « doublepensée » : le Parti peut décider de dire que 2 + 2 = 5 dans certaines circonstances, mais que dans d’autres il est obligé d’admettre que 2 + 2 = 4. Et si le Parti décide que 2+2=5, le peuple ne doit pas remettre en cause cette idée mais l’admettre comme une evidence. Le 20 mars 2003, l’Irak est envahie par les États-Unis pour parer à la menace des armes de destruction massive dont l’administration Bush affirmait avoir la preuve. La vérité est ailleurs…

En 2003, je découvre Loïc Lantoine, avec son disque Badaboum publié chez Tôt ou Tard, le label des Têtes Raides. Avec son style de chanson pas chantée, le grand gaillard d’Armentières impose sa patte et sa voix rocailleuse qui roule les mots accompagné par la contrebasse de François Pierron. Ce bougre de Lantoine a une écriture superbe et parfois un côté punk comme un vieux démon démange son monde. François Pierron est le fils de Gérard Pierron, le chanteur qui a mis en musique le poète Gaston Couté à la fin des années 1970 et a composé quelques musiques pour le grand Allain Leprest.

Souad Massi est une chanteuse algérienne issue d’une famille kabyle de mélomanes. Enfant, elle découvre le chaâbi (genre musical algérien populaire aux racines arabo-andalouses), puis le rock américain, le fado portugais et le flamenco espagnol. A la fin des années 1980, elles joue de la guitare et se produit sur scène. Fuyant la guerre civile des années 1990, elle part s’installer avec sa famille en Kabylie et travaille dans un cabinet d’architecture. Elle commence à enregistrer une cassette puis, en 1999, grâce au festival « Femmes d’Alger » qui se déroule au Cabaret Sauvage à Paris signe avec un grand label. C’est en écoutant France Inter en 2001 que j’ai découvert sa voix magnifique. La chanson Houria parue sur l’album Deb en 2003 est un morceau délicieux où la langue algérienne épouse le flamenco avec une élégance rare.

Au même moment, l’anglaise Susheela Raman continuer de jouer les femmes fatales. Après nous avoir hypnotisé langoureusement en 2001 avec le Trusssst In Me du serpent Kaa, elle tisse la toile de son piège : « Your body is a love trap ». Les orchestrations impeccables nous expédient tout droit dans une Inde fantasmagorique et nous voilà aux premières loges juchés sur les épaules de Ganesh.

 

Voir aussi :