ACCUEIL > Écouter > Musique > Le son de 2001

Le son de 2001

Le samedi 2 août 2014 à 11:56

Vous aimez cet article ? Partagez...

2001, Jack Black & Kyle Gass créent un des albums les plus drôles de l’année, ils forment le duo Tenacious D, deux valeureux guerriers du rock qui vont jusqu’à affronter le diable dans le clip hilarant de Tribute. Pour l’anecdote, c’est Dave Grohl (des groupes Nirvana et Foo Fighters) qui joue le rôle du Diable.

En France, le costume de bouffons du rock est porté fièrement par les Fatals Picards qui invoquent leur Droit de Véto et signent un opus corrosif où ils se paient la tête des gens (entre autres le Suprême NTM, Damien Saez, Jean-Marie Messier, les chanteurs engagés type Restos du Cœur, les punks, les chtis, les rastas, les chasseurs, les chanteurs pour enfants, les ados, les vieux, les piliers de comptoirs, les racistes…).

Un autre joyeux drille fait son apparition dans le paysage musical, avec l’air canaille et la gouaille d’un titi parisien, Stéphane Sanseverino dégaine sa guitare et lance des rafales de swing manouche, créant un pont inattendu entre les chansons de Renaud Séchan et les envolées de Django Reinhardt.

La scène française voit cette année débarquer de nouveaux représentants qui viennent dépoussiérer la chanson à texte. Bénabar, ancien scénariste à Canal+, après un premier album discret en 1997, fait sa place sur les ondes de Radio France grâce à la chanson Y a une fille qui habite chez moi. Le bonhomme a un talent certain pour esquisser le quotidien de ses contemporains en observant avec ironie les absurdités de nos existences, les histoires d’amour bancales et les bouleversements de la vie d’adulte.

Pendant ce temps, Benjamin Biolay, jeune compositeur talentueux et frimeur, l’homme qui a permis à Henri Salvador un retour en grâce en 2000, fait une timide entrée en tant que chanteur. Il crée cette année l’album concept Rose Kennedy, voyage fantasmé dans les sixties américaines. L’élégance, l’intelligence de sa plume portée par des orchestrations impeccables tranche avec sa voix qui murmure les textes avec une discrétion digne d’un Mathieu Boogaerts.

Le groupe Noir Désir publie son dernier album et l’un de ses meilleurs. Hommages à Léo Ferré, duo surréaliste avec Brigitte Fontaine, avec Manu Chao, saxophone démoniaque d’Akosh S, bien des ingrédients font de cet album une œuvre culte du rock français du début des années 2000.

Brigitte Fontaine signe cette année, un retour retentissant, reine du Kekeland, elle promène sa poésie surréaliste et baroque dans le paysage français. Ardisson et autres amuseurs du paf l’invitent pour se payer sa tête, son humour surréaliste et non conventionnel la faisant passer pour une folle ou une extra-terrestre. Ce personnage de vieille folle portée sur le champagne empêchera la plupart des gens d’accéder à la beauté fulgurante de son écriture.

L’Angleterre offre au monde un bijou d’électronique downtempo, comme un écho à la musique des français du groupe Air : l’album Simple Things du groupe Zero 7. Grâce à une production léchée, des instruments aux timbres cotonneux dignes des seventies (Fender Rhodes, Moog et autres matelas sonores) et à la voix langoureuse de l’australienne Sia Furler sur Distractions et Destiny, ils réussissent à créer une belle parenthèse sonore. C’est aussi de Londres que survient le duo Turin Brakes qui signe un bel album aux sonorités pop folk, acoustique, idéal pour accompagner de longues virées estivales en voiture.

La Norvège n’est pas en reste avec d’un côté le groupe Röyksopp qui réinventent la pop du futur en transformant les notes de musique en bulles de savon, et les Kings of Convenience qui tricotent des arpèges de guitare pour l’hiver, bien au chaud dans leurs cabanes en bois, dans un écho moderne aux harmonies de Simon & Garfunkel.

 

Voir aussi :