ACCUEIL > Écouter > Musique > Le son de 1999

Le son de 1999

Le dimanche 1 juin 2014 à 12:34

Vous aimez cet article ? Partagez...

1999, il règne comme une atmosphère de fin de siècle. Polanski tourne avec Johnny Depp un film démoniaque et le couturier Paco Rabanne prédit que la station spatiale Mir va s’écraser sur la France au moment de l’éclipse totale du soleil. Quelques paranoïaques iront jusqu’à craindre le prochain effondrement mondial provoqué par le « bug » de l’an 2000 alors que nous découvrirons dans Fight Club qu’il faut surtout se méfier des négociants en savons.

Cette année est assez calme en terme de pépites sonores. Voici cependant quelques événements qui ont marqué l’actualité musicale de cette année que nous qualifierons d’année charnière par manque d’imagination…

Le guitariste américain Ry Cooder part enregistrer à Cuba avec des papys bourrés de talent. Le réalisateur allemand Wim Wenders filme cette rencontre et permettra au Buena Vista Social Club de faire redécouvrir le son cubain aux amateurs du monde entier.

Les Roots enregistrent cette année une chanson magnifique, You Got Me, avec la chanteuse Jill Scott, leur complice de Philadelphia. Leur maison de disques les fera réenregistrer la chanson avec la diva du rap Erykah Badu (plus bankable) qui assurera une meilleure audience au clip télé (MTV, Marketing…). Heureusement, dans l’album live The Roots come alive, on pourra entendre une version légendaire de cette chanson par Jill Scott avec des vocalises à filer la chair de poule aux amateurs de soul et de hip hop de qualité.

Dans la torpeur de l’été montpelliérain, on peut entendre sur les ondes de Radio Nova, les Américains de Pink Martini chanter en français des paroles délicieusement incompréhensibles sur un tempo jazz démodé : « Je ne veux pas trrravailleeer… ». Un peu plus loin, l’Islandaise Emiliana Torrini se joint à cet éloge de la paresse avec sa chanson Unemployed in summertime. Nous nous laisserons alors bercer par cette nonchalance communicative et commanderons d’un signe de la main une deuxième anisette pour profiter au maximum de l’apaisement bienvenu de cette terrasse ombragée.

Côté nature et belles découvertes, les joyeux saltimbanques de Tryo unissent les écolos et sympathisants altermondialistes autour de leurs ballades reggae acoustiques. Si l’appel de la nature rime chez nous avec de belles siestes dans l’herbe verte, aux États-Unis, la liberté se vit On the road, sur les longues lignes droites des highways. Ainsi, les Red Hot nous offrent en forme de pépite folk, un road trip au bord de l’Océan Pacifique sur l’album Californication.

Cela nous mènera tranquillement au soir du 31 décembre 1999 où nous scruterons le ciel, des étoiles dans les yeux, en espérant malgré nous apercevoir la silhouette furtive d’une voiture volante.

 

Voir aussi :