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Le son de 1998

Le dimanche 18 mai 2014 à 12:01

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1998 c'est l'année Zidane mais côté musique c'est une année où j’écoute beaucoup d’électronique « calme » (trip-hop, downtempo) propice au farniente avec les groupes Morcheeba, Massive Attack, Air, Portishead… Grâce à Radio Nova et la médiathèque de Montpellier – Antigone, je découvre aussi Louise Vertigo avec un bel album entre chanson française et électronique downtempo produit par quelques artistes chevronnés de la production électronique française. C’est en effet l’époque de l’explosion de la French Touch où les membres d’Air, de Daft Punk ou des types comme Alex Gopher ou Kid Loco n’hésitent pas à multiplier les collaborations les plus diverses et infusent leur science du « beau son » dans les disques de leurs contemporains.

J’écoute alors énormément Craig Armstrong et son album The Space Between Us. Armstrong est un compagnon de route de Massive Attack qui excelle dans les arrangements de cordes. Compositeur de musiques de films et de morceaux de génie, il mèle avec talent beats electro et ambiances symphoniques.

Jay-Jay Johanson est un autre de ces artistes singuliers, un compositeur suédois qui travaille comme un orfèvre ses accompagnements, collant ici et là des samples de musique de films des sixties, triturant les potards de ses machines jusqu’à obtenir les plus belles textures pour envelopper ses chansons mélancoliques auquel il offre sa voix de dandy androgyne.

Je développe également une véritable passion pour l’album Is This Desire de PJ Harvey, un opus obscur, sensuel, écorché, brut de rock et terriblement inventif de celle qui pourrait être la cousine british de Nick Cave & ses Bad Seeds. Du grand art de la toute première chanson, ballade désespérée d’Angelene à l’apothéose finale Is This Desire, mélodie nue, chanson intemporelle et cosmique.

Et voici que la Bretagne nous fait découvrir l’un de ses enfants les plus doués, Yann Tiersen. Artiste multi-instrumentiste (accordéon, violon, piano, mélodica, toy piano et autres machineries baroques de musique mécanique), Tiersen utilise la matière folklorique de ses racines celtiques, la forme ritournelle jusque dans le son d’une roue de vélo ou le tanguis d’un bâteau îvre. Il peint de magnifiques petits tableaux musicaux pittoresques et nous emmène en voyage en embarquant en même temps Dominique A dans l’équipage de son vaisseau fantôme.

Pour ce qui est du soleil, on peut compter sur Manu Chao, le chanteur de la Mano Negra qui bricole dans son coin son premier album solo teinté des couleurs bariolées de l’Amérique Latine. Avec son bonnet péruvien, ses clips psychédéliques, un vocabulaire simple en français ou en espagnol, il crée un esperanto à la sauce Chao compréhensible par tous qui, accompagné de ses collages sonores, va bientôt faire danser les alter-mondialistes et autres citoyens du monde entier.

Au cinéma, Tarantino sort le magnifique Jacky Brown accompagné comme à son habitude d’une bande sonore de légende. C’est également l’année du poétique Truman Show, du psychédélique Las Vegas Parano, du futuriste Bienvenue à Gattaca, du cauchemardesque Dark City... et du cultissime Big Lebowski !

 

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